Jean-Daniel Allanche n’a eu de cesse de peindre et de repeindre sa vie durant l’appartement, murs, sols et plafonds, qu’il habitait à Paris. Ses peintures sont complétées par une vaste accumulation d’objets, des milliers, collectés et transformés, souvenirs de voyages et de lieux de vie, s’agglomérant sous les escaliers dans les coins et recoins de l’appartement. A cette production s’ajoute un projet utopique; quand de nombreux créateurs d’art brut ont le dessein de vouloir maîtriser le temps, l’espace, ou le monde, Jean-Daniel Allanche, professeur de physique et chercheur a imaginé maîtriser le hasard des jeux de casino. Sur des carnets et des centaines de feuilles il élabore des séries, des combinaisons de chiffres de divers couleurs, les annote et commente aussi le comportement des joueurs ou des croupiers qui, pense-t-il, peuvent influer sur l’équation des jeux. Il a passé ainsi un grande partie de sa vie de casinos en casinos pour tenter d’établir une martingale infaillible. Sa passion pour le jeu l’accompagne jusqu’à ses derniers jours où, hospitalisé, il aime jouer avec les chiffres de ses multiples examens et prédire ce qui en adviendra. Jamais Jean-Daniel Allanche ne trouva la formule magique, mais sa passion dévorante nous laisse une production riche de milliers de schémas, dessins aussi beaux qu’énigmatiques qui témoignent d’une quête folle à vouloir conjurer le hasard.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.







